









|
TEK5
- L'Andrea Doria - L'accident |
| |
| Au soir du mercredi 25 Juillet 1956, l'Andréa
Doria, sous les ordres du commandant Piero Calamai, faisait
route à l'ouest vers New York. Il transportait 1134
passagers, l'équipage était de 572 hommes et
femmes. Ce devait être le dernier jour d'un voyage (le
51ème) transatlantique en provenance de Gênes
qu'il avait quitté le 17 Juillet, l'accostage était
prévu le lendemain matin. Au même moment , le
vapeur Stockholm, un petit navire de ligne à passagers
qui avait quitté New York vers midi, était en
route à l'est à destination de Gothenburg en
Suède. Le Stockholm était sous les ordres du
commandant Harry Gunnar Nordenson, et le lieutenant Johan
Ernst Johannsen était de quart à la passerelle.En
route à 18 nœuds par ciel clair et une visibilité
estimée à 6 milles, le Stockholm suivait une
route habituelle vers le bateau-feu de Nantucket. Alors que
le Stockholm et l' Andrea Doria faisaient des routes directement
opposées, l' Andrea Doria se trouvait depuis quelques
heures dans un brouillard épais. Le commandant |
|
avait réduit l'allure (de 23 à 21,8 nœuds),
faisait entendre les signaux de brume réglementaires
et avait fait fermer les portes étanches, mesures de
routine lors de la navigation par brume. Le Stockholm quant
à lui, allait tout juste entrer dans le banc de brume
qu'il n'avait pas prévu. On rencontre fréquemment
dans ces parages, au sud de l'île de Nantucket, des
bancs de brume causés par la rencontre du courant du
Labrador et du Gulf stream. Chacun des navires avait détecté
l'autre au radar, ils avaient une vitesse de rapprochement
de l'ordre de 40 nœuds. Aucune communication n'a été
initiée entre eux, et ils ont apparemment fait une
mauvaise interprétation de la situation. Les résultats
de l'enquête ont établi que l' Andrea Doria a
graduellement modifié sa route sur son bâbord,
envisageant d'effectuer un croisement tribord-tribord, pendant
que le Stockholm lui, avait effectué un changement
de route d'approximativement 20° sur son tribord, dans
l'intention de s'écarter de la route et, pour effectuer
un croisement Bâbord-bâbord. En fait au lieu d'agrandir
la distance qui les séparent, les deux navires se sont
placés en situation de route de collision. En raison
du brouillard épais qui enveloppait l'Andrea Doria
les navires n'ont pu s'observer visuellement qu'au dernier
moment, la distance qui les séparait était alors
très faible. Malgré des manœuvres de dernière
minutes, la collision n'a pu être évitée.
Dans les derniers instants, le Stockholm à mis la barre
toute à droite et ordonné la machine en arrière
toute, essayant de casser l'erre, tandis que l'Andrea Doria,
conservant sa vitesse de 22 nœuds, avait entamé
un virage la barre toute à gauche, son commandant espérant
passer devant le Stockholm.
Les navires se sont abordés à 23h10. |
L'Andrea Doria et le Stockholm se sont heurtés avec
un angle d'environ 90 degrés. Le flanc droit de l'
Andrea Doria fut transpercé par l'étrave tranchante
du Stockholm, et ce sur une profondeur d'environ 12 mètres
sur trois ponts de cabines.
La collision a détruit des cabines passagers occupées
et percé les niveaux les plus étanches de l'Andrea
Doria. L'entaille a percé cinq ballasts à combustible
de l'Andrea Doria et les a remplis de 500 tonnes d'eau de
mer, tandis que de l'air était emprisonné dans
les ballasts vides de bâbord, provoquant ainsi une forte
gîte. Les ballasts à combustible du bateau étaient
alors vides pour la plupart puisque le bateau s'approchait
de la fin de son voyage.
Quarante-six personnes parmi les 1706 passagers et membres
d'équipage de l'Andrea Doria ont été
tués dans la collision, contre cinq membres d'équipage
seulement à bord du Stockholm. Après la collision,
les membres d'équipage du Stockholm ont découvert
Linda Morgan, une jeune fille de 14 ans, passagère
de l' Andrea Doria, cabine 52. Elle reposait en bonne santé,
sur l'étrave du Stockholm derrière la zone détruite.
Elle avait miraculeusement survécu au choc tandis que
sa demi-sœur, qui partageait sa cabine sur l' Andrea
Doria, avait elle été tuée sur le coup.
|
| Juste après la collision, l'Andrea Doria
a commencé à prendre l'eau et a commencé
à gîter sévèrement sur tribord,
d'au moins 18 degrés. Pendant que l'eau montait, on
découvrit qu'une des portes étanches de la salle
des machines manquait. Cependant, en raison du remplissage
des ballasts tribords par de l'eau de mer, la gîte s'est
accrue au cours des minutes suivantes à 20 degrés
ou plus. Le capitaine Calamai a alors réalisé
qu'il n'y avait plus aucun espoir pour son bateau. Les deux
bateaux ont dérivé lentement dans le brouillard.
Sur l’Andrea Doria, la décision d'abandonner
le bateau a été prise 30 minutes après
l'impact. |
 |
Cependant les solutions de sauvetage étaient difficiles
à mettre en œuvre puisque la moitié des
chaloupes de sauvetage étaient inutilisables du fait
de la gîte.
Un message de détresse a été transmis
à d'autres bateaux par radio, et des passagers incapables
d'utiliser les bateaux de sauvetage sur l' Andrea Doria furent
par la suite sauvés par le Stockholm et d'autres petits
navires.
Un tournant important dans ce désastre fut la décision
prise par le capitaine du paquebot Île-de-France,
un bateau français que l'Andrea Doria avait croisé
quelques heures plus tôt et qui fit demi-tour pour venir
en aide aux survivants. L' Île-de-France est parvenue
à sauver la majeure partie des passagers restants en
faisant la navette avec ses dix bateaux de sauvetage. Quelques
passagers de l' Île-de-France ont renoncé à
leurs cabines pour aider les survivants mouillés et
fatigués. Plusieurs plus petits bateaux ont également
répondu.
En conséquence, les pertes humaines ont été
limitées à ceux tuées lors de la collision
- et à un enfant tué pendant les opérations
d'abandon. |
L' Andrea Doria a finalement chaviré
et a coulé onze heures après la collision, à
10 h 09 le 26 juillet. L'évènement fut largement
couvert par des médias locaux. La photographie aérienne
spectaculaire du transatlantique en détresse, chavirant
et coulant, valut le prix Pulitzer de 1957 à Harry
A. Trask -du journal du voyageur de Boston.
Edward P. Morgan, commentateur radio de ABC, basé à
New York, quand il annonça la collision, ne dit rien
au sujet de sa fille de 14 ans qui était à bord
de l'Andrea Doria. Il ne savait pas que Linda Morgan, la «
miraculée », était vivante et se trouvait
à bord du Stockholm - fortement endommagé, mais
qui put toutefois rejoindre New York par ses propres moyens.
Après l'annonce de la bonne nouvelle, son émotion
fut telle que c'est devenu un des moments les plus mémorables
de l'histoire de la radio. |
|
| Parmi les passagers de l'Andrea Doria se trouvaient l'actrice
Ruth Roman, de Hollywood, et son fils agé de quatre
ans. Dans un film des années 1950 Three Secrets, Roman
avait interprété une mère dans l'attente
de savoir si son enfant avait survécu à un accident
d'avion. Sauvée, mais séparée de son
fils pendant la collision et l'évacuation, Roman a
dû attendre pendant plusieurs heures des nouvelles de
son enfant. Cette situation provoqua une frénésie
des médias, qui prirent quantités de photos
d'elle attendant son fils sur un ponton de New York. |
 |
Le naufrage eut aussi une petite conséquence dans
l'histoire automobile, du fait de la perte d'un prototype,
le Norseman de Chrysler qui avait été construit
par Ghia en Italie pour le compte de Chrysler. Ce prototype,
qui n'avait jamais été présenté
en public avant la catastrophe, était annoncé
comme l'attraction principale des expositions automobiles
de l'année 1957 aux États-Unis. |
|
 |
|