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| En 1904, afin de marquer son entrée sur
l'Atlantique, la Canadian Pacific Railway Company (C.P.R.)
commande deux paquebots jumeaux à la Fairfield Shipbuilding
and Engineering Company de Govan (Glasgow) en Écosse.
Ils seront les plus grands, les plus confortables et les plus
rapides de la route pour le Canada. Le 11 novembre 1905, l'EMPRESS
of BRITAIN est lancé, suivi le 27 janvier 1906 par
l'EMPRESS of IRELAND. Les deux navires font leurs voyages
inauguraux à l'été 1906 à un peu
plus d'un mois d'intervalle. |
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| Dès les premiers voyages, ils établissent
des records de vitesse et deviennent rapidement très
populaires auprès du public. La compagnie Lloyd de
Londres donne aux navires une cote de *100 A-1 dans leur registre,
ce qui signifie qu'ils ont été inspectés
et surveillés de la planche à dessin jusqu'aux
essais en mer et et qu'ils sont conformes à toutes
les réglementations en vigueur concernant la sécurité
pour le transport de passagers. Construits selon le principe
des "deux compartiments", les navires peuvent rester
à flot lorsque deux des onze compartiments étanches
s'inondent. Après le naufrage du Titanic en 1912, on
améliore la capacité de sauvetage des passagers.
Les jumeaux disposent maintenant de 42 chaloupes - 16 en aciers
et 26 repliables faites de toiles et de bois - pouvant accueillir
1686 personnes, soit 280 de plus que le capacité maximale
permise, de 24 bouées et de 2212 gilets de sauvetage
dont 150 spécialement conçus pour les enfants.
Ils sont également dotés d'un système
de télégraphie sans fil Marconi et d'un système
de détection d'icebergs par signaux sous-marins des
plus modernes. Leur seule faiblesse en terme de sécurité
est le système de fermeture des portes étanches.
Pour permettre la circulation des ouvriers et passagers en
tous temps, les dix cloisons séparant les onze compartiments
étanches sont percées de 24 portes. |
| Dans un décor spacieux de boiseries riches,
de foyers, de fleurs et de palmiers fort cocasse, la première
classe offre une salle de musique et d'écriture, un
café, une bibliothèque et un fumoir. Aucune
cabine ne porte de numéro se terminant par 13. Les
repas sont servis dans une salle à manger grandiose
sur le pont abri. Parmi les 87 passagers de première
classe, on retrouve monsieur Lawrence Irving, acteur très
connu, sa femme Mabel Hackney et Sir Henry Seton Karr, un
très riche anglais qui revient d'un voyage de chasse
au Canada. |
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Pour les 253 personnes en deuxième classe,
l'EMPRESS of IRELAND offre un confort comparable à
la première classe sur bien d'autres navires. Les hommes
profitent d'un fumoir, les dames d'une salle de musique. Les
repas sont servis dans une salle à manger de taille
comparable à celle des premières, mais avec
un décor un peu plus sobre. En deuxième classe,
pas d'aristocrates, mais 170 membres de l'Armée du
Salut dont un orchestre de 39 musiciens, en route pour un
important congrès à Londres. |
| En troisième classe, même si les
conditions ne se comparent en rien à celles des premières
ou deuxièmes, la vie à bord est encore assez
agréable. L'aménagement des lieux représente
un net progrès par rapport aux entreponts insalubres
où les gens s'empilaient pour dormir et qui étaient
la norme à peine vingt ans passés. Les 717 passagers
de la dernière classe forment un groupe plus hétérogène.
Sur ce nombre, 300 travailleurs de l'usine Ford de Détroit
qui, temporairement mis à pied, retournent en Europe.
On retrouve également plusieurs immigrants qui repartent
sans avoir réussi à s'implanter en terre d'Amérique.
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