| |
| La mer était calme et le vent soufflait légèrement
du nord. La navigation fut tranquille jusqu'à 1:30
du matin lorsque le commandant Jone fut réveillé
en sursaut : "Récifs droit devant. - Barre à
babord et arrière toute!!!"- Long et étroit,
ce bateau avait un rayon de giration limité et demandait
un certain temps pour changer de direction. Le choc fut violent,
sur le récif de Sha'ab Abu Nuhâs qui culmine
à à peine 1 mêtre sous la surface. Le
bateau mon-tait des 2/3 de sa longueur sur le récif
pour y rester échoué. A bord, il n'y eut pas
de panique, à la lumière des torches on vérifia
que les dégats. Il fut décidé d'attendre
l'aube et le navire fut allégé de sa cargaison.
L'eau avait commencé à envahir les cales, et
le vent se mit à souffler et drossait le Carnatic contre
le récif. Les passagers avaient passés la nuit
sur le pont, attendaient l'ordre du capitaine de mettre à
l'eau les chaloupes et le passage d'un autre bateau de la
même compagnie, le Sumatra. A deux heures du matin,
l'eau envahit la salle des machine eteignant la chaudière.
Le commandant Jones compris que le navire était condanné,
donna l'ordre d'évacuer le navire. Mais le drame se
produisit : alourdi par l'eau et affaibli par l'assaut des
vagues, le bateau se cassa en deux : la partie arrière
glissa entrainant avec elle 27 passagers et membres d'équipage.
Les survivants s'accrochaient à la proue qui émergait
encore et grâce aux trois chaloupes sur les sept que
comptait le navire, ils purent rejoindre l'île de Shadwan
d'où ils furent recueillis par le Sumatra. La Lloyd's
organisa aussitôt une opération de récupération,
sous la direction du capitaine Henry D.Grant, au cours de
laquelle un scaphandrier à casque, (une technique qui
en était alors à ses débuts). Le scaphandrier,
Stefan Saffrey y trouva deux cadavres. Il réussit à
rallier le compartiment dela poste, à enfoncer la porte
fermée à clef et, en quelques jours à
récupérer du coffre fort 32.000 sterlings-or
sur les 40.000 qui y avaient été placées,
pour une valeur actuelle de 7 millions de $. Les sacs postaux
et 700 lingots de cuivre furent aussi récupérés,
mais pas de trace des 8.000 sterling mancantes!Peut-être
sont elles encore dans l'épave. Au cours des mois suivants,
des plongeurs indigènes travaillèrent sur l'épave
pour leur propre compte, récupérant tout ce
qu'il pouvait, jusqu'à ce coup de vent, en mars 1870,
fasse glisser à son tour la proue sur le fond, laissant
l'épave dans un oubli de plus d'un siècle.
Les Epaves de la Mer Rouge(Ed.Gründ) |
Type de navire :
marchand et transport de passagers à propulsion mixte
Chargement :
bouteilles de vin, épices, lingots de cuivre
Nationalité : anglaise
Année de construction : 1862
Lancé le : 8 décembre 1862
Chantiers : Samuda Brothers
Compagnie : Peninsular and Oriental Steam Navigation
Jauge: 1776 tonneaux
Longueur : 89 m.
Largeur : 9 m.
Chaudière : Humphrys and Tennat, Detford
Puissance : 11.870 CV
Vitesse : 12 noeuds
Naufrage : choc contre le récif de Sha'ab Abu Nuhâs
le 14 septembre 1869
Localisation : au nord du récif
Coordonnées géographiques :
27° 34,25' N, 33° 55,75' E
Profondeur minimum : 20 m.
Profondeur maximum : 27 m. |
 |
 |
Tout a commencé avec deux bouteilles
à l'étrange forme ogivale, soufflées
dans un verre de couleur verdâtre très épais.
Ces bouteilles avaient été récupérées
lors d'une plongée sur une épave inconnue du
détroit de Gubal. |
| D'autres plongées sur cette épave
permirent de mettre à jour d'autres objets, comme cette
assiette en porcelaine, qui permirent après maintes
recherches l'identification de l'épave. |
 |
| UNE PLONGEE SUR LE CARNATIC |
Ma première plongée sur le Carnatic remonte
à 1996 lors d'une croisière nord. L'approche
du récif d'Abu Nuhas n'est pas facile lorsque la météo
est capricieuse. En cas de houle et fort vent l'ancrage est
quasiment impossible et la mise à l'eau (très
risquée) peut se faire depuis le bateau pneumatique.
Attention au resac qui peut vous fracasser contre le reef.
Malheureusement plusieurs accidents, mêmes mortels,
sont à déplorer à cet endroit. Le Carnatic
repose au milieu de la face nord du récif, avec à
sa gauche le Giannis "D" et à sa droite le
Chrisoula "K". La poupe, avec son hélice
est la partie plus imposante de l'épave et aussi la
plus profonde par -27m. Tout est concrétionné.
Les bossoirs sont là, prêts à recevoir
une chaloupe. La visibilité est superbe, l'épave
se voit presque en entier. Pour aller vers l'avant, nous passons
à travers le squelette du pont. Le bois a disparu,
seul restent les traverses en acier. Il y a encore énormément
de bouteilles dans les cales, malheureusement toutes cassées!!
Autrement elles auraient toutes disparues.... Dans la section
centrale, nous observons la grosse chaudière et les
deux moteurs qui travaillaient en tandem. Nous continuons
notre visite pour arriver à la section de proue (-18
m) qui peut aussi être explorée. Sa structure
particulière vaut le coup d'être visitée.
Nous notons les hublots carrés des cabines passagers
qui se trouvaient là, dans la proue. Nous revenons
en arrière, en nous écartant un peu pour avoir
une meilleure vue d'ensemble de l'épave.
Gilles |
|