Le phare du Planier,
680 ans d'histoire!
Souvent les phares sont les témoins directs des grands moments
de l`Histoire; comme la Statue de la Liberté a réchauffé le
coeur de millions d'emmigrants, l'obélisque portant la lumière
du Planier représentait pour ceux qui venaient d'Afrique du
Nord, la présence du Veux Continent, l'espérance, l'accueil
et le désir d'une nouvelle vie. Le premier phare fut construit
sur l'île du Planier au Moyen Age. Il avait une double fonction
: guider les navires et signaler l'arrivée possible de pirates.
Les gardiens étaient nécessaires à la sécurité de la navigation
et à la population, surtout à cause des incursions des Catalans,
qui avec leurs galères capturaient pêcheurs et navigateurs
Le 13 juin 1319
Robert d'Anjou decidait d'illuminer le Planier et fit construire
une tour de pierre. Edifiée à l'est de l'île, l'oeuvre fut
finie en 1320. La construction était cylindrique, haute de
12 mêtres et au sommet la lumière était assurée par la combustion
de bois et charbon. En 1548
le phare fut abandonné et alla rapidement en ruine.
En 1564 et 1729
furent exécutés divers travaux de restauration qui malheureusement
se révelèrent rapidement insuffisant à sa conservation.
En 1773
après presque 44 ans, le commerçants et le marins de Marseille
firent une demande au Minitère de la Marine afin de pouvoir
le réactiver. Les travaux, exécutés avec sérieux, commencèrent
l'année suivante. Elevée à 23 mètres, l'oeuvre maintient la
forme cylindrique de 8.5 m. de diamètre, avec d'élégantes
ouvertures ovales. L'ingénieur Saugrin reçu l'ordre d'installer
un appareil optique offert par le roi de France. C'était le
système d'illumination le plus sophistiqué pour l'époque.
Quatorze lampions alimentés d'huile d'olive dans une lanterne
vitrée et avec l'aide de reflecteurs projettait la lumière
à une dizaine di mille. L'année 1774
fût l'année de sa mise en service, la maintenance assurée
par 4 gardiens, lesquels travaillant en couple, restaient
sur l'île pendant un mois. Dix ans après, la puissance du
phare était augmentée grace à l'ajout de 13 nouveaux lampions.
Pour éviter de guider les navires ennemies, le phare resta
éteint pendant la Révolution et cela jusqu'en 1802.
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En 1823
Monsieur A.Fresnel révolutiona la signalisation maritime,
en concentrant le reflet des rayons au travers de lentilles
géantes, au lieu de concentrer la reflexion sur des miroirs
paraboliques. Au début du XIX siècle, le phare fût classé
insuffisament haut pour pouvoir satisfaire la meilleure navigation
possible, et avec ses années, son état ne lui permit plus
d'être réélevé.
En 1826
la construction d'un nouveau phare fut décidé et se présenta
comme le modèle qui se construira plus tard sur les côtes
Atlantiques: une base carrée sert de support à une tour. La
pierre de Cassis (blanche et dure) fût choisie pour les fondations
et une plus molle pour la tour. Haute de 36 mêtres, il portait
sa lumière à 20 mille 40 mêtre au-dessus des flots. La dépense
totale de l'époque s'est élevée à FRF 165.440.- En
1875
le ministre de la Mer decida d'améliorer les caratéristiques
du Planier. Un quatrième phare fût créé, d'après les plans
de L. Reynaud, directeur du Service des Phares et Signalements
des Routes. En 1876
commencèrent les travaux mais vinrent interrompu à 35 m. de
hauteur et restèrent inachevés pendant 1 année, à la suite
de la mort de l'entrepreneur. La tour fût construite de manière
traditionelle : pierre et mortier. Le diamêtre externe était
de 12 m. à la base e de 6.7 m. au sommet. Le lampion se trouvait
à 63.1 m. coiffant de 10 cm le phare
de Cordouan (au large de Royan, Océan Atlantique).!!!
Vingt-cinq fenêtres diposées en spirale éclairait un escalier
de 254 marches aux quels on devait ajouter 55 marches de fonte
pour accéder au lampion. 16 novembre 1881
eût lieu l'inauguration; à l'époque de grands travaux étaient
en cours à Marseille qui profitait de la future et proche
ouverture du canal de Suez. 30 novembre 1881 il fût allumé
à minuit; le Planier IV possédait un lampion électrique qui
clignotait chaque 5 secondes. Dans la nuit du
16 au 17 août 1944 à moins de 63 ans de son inauguration,
les Allemands détruirent le phare.
60 années après : le souvenir d'un passé
Mai 1945
un phare de secours est installé, mais à cause de sa portée
réduite, il fût remplacé par un lampion électrique alimenté
par un groupe électrogène. Construit à l'est du Planier IV,
il s'agissait d'un pilier métallique rouge et noir d'une hauteur
de 7 mètres dont le lampion se trouvait à 14 mètres au-dessus
du niveau de la mer. Ce phare était provisoire, et devait
être remplacé par un autre phare capable de défier les siecles.
L'architecte A. Crillon, assisté de M. Arbus, fût chargé de
le reconstruire; mais avant il devait preparer le terrain,
en nivellant les ruines, faisant gagner 1 mètre sur la hauteur
moyenne de l'île en la portant à 5.5 m.
Photos : Gilles Persoz |
En 1949
commencèrent les travaux pour la reconstruction.
Le 25 août 1959 à minuit précis
le Planier V envoya avec orgueil sa blanche lumière à 26 mille
de distance, à intervalle de 5 secondes. Son lampion se trouve
à 67.74 m. e devint la construction la plus élevée de la côte
méditeranéenne et la troisième au niveau nazional. Pour atteindre
le lampion, il faut escalader autant de marches qu'il y a
de jours en une année!! Et le coût global de l'édifice a été
de FRF 576 millions de francs de 1959. Le phare (comme les
batiments) ont été construits avec la pierre blanche de Cassis;
très coûteuse, cette pierre était réservée uniquement aux
édifices prestigieux de Marseille comme le Palais de Justice,
la Prefecture ou le Palais Longchamp. Le bâtiment, haut de
14 m. et long de 100 (dont l'architecture rappelle les grandes
oeuvres de Mussolini à l'Eur de Rome), servait de demeure
aux gardiens.
Les bâtiments (à droite l'ombre du phare)
En 1992 à la suite de l'automatisation du phare,
le bâtiment fût abandonné, pas chauffé et soumis au problême
de l'occupation abusive et illicite, provoquant de rapides
détériorations. Pour mettre fin à ce processus, le Service
des Phares et Balises signa une concessione avec la S.A. Tiboulen
du Planier pour la gestion d'un centre de plongée. Cela fût
un bel exemple de reconversion, surtout grâce au fait que
les fonds entourant l'île regorgent d'une belle flore et faune
et cachent quelques épaves intéressantes.
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