









|
TEK5
- Le Requin Tigre |
| |
Le matin du 16 janvier, les derniers préparatifs |

Très tôt le matin du 16 janvier 1965,
le petit sous-marin fut mis à l'eau. |
Tout avait été conçu dans l'atelier moderne
et perfectioné du constructeur de Düsseldorf.
Le sous-marin était maniable et résistant avec
un système de secours à commandes automatiques.Chaque
composant du prototype a été testé par
l'Institut Supérieur pour les Constructions Navales
de Berlin; la "Llyod" allemande de Hambourg lui
avait donné son homologation. |
12:20 ce samedi, le petit sous-marin était
prêt, exposé sur le quai
pour sa nouvelle exibition. Ilétait arrivé en
Suisse sur demande de l'ingénieur trentin Edoardo de
Paoli, technicien et représentant du fabricant allemand.
Blanc, profilé, d'un aspect inoffensif et au nom sonnant
: le Requin Tigre. Sa démonstration, ici à Locarno,
était de se faire admirer! Les curieux pouvant même
l'essayer, en bref se faire un peu de publicité et
remplir son carnet de commande : 35.000 francs suisses. Quelqu'un
l'avait déjà appelé "le coupé
des abysss". L'ingénieur de Paoli comptait, comme
acquéreurs potentiels, plus sur les clubs de plongée,
bien qu'à cette époque, la plongée était
encore réservée à une élite, et
aux offices du tourisme que sur des privés. Le sous-marin
n'était-il pas un élément d'attraction
touristique, comme l'était un petit avion qui fait
un tour sur une vallée? Le submersible Requin Tigre
était d'une sécurité absolue : tout était
calculé, prévu, fiable.... construction allemande
oblige. Il n'avait pas la prétention de devenir une
émule de Piccard : sa profondeur était de -35
mètres (même si pendant son test d'homologation
il était descendu à -80 mètres); au dessous
de sa limite un système de sécurité se
déclenchait automatiquement ce qui le faisait remonter.
|
 |

Le caméraman
Franco Viganò
|
L'ingénieur de Paoli était optimiste
et savait être convaincant : la télévision
suisse italienne avait accepté d'envoyer à bord
un cameraman pour tourner quelques minutes de film : à
faible profondeur, bien sur, seulement pour mettre un peu
de curiosité et d'insolite dans le téléjournal.
L'opérateur était un autre italien vivant à
l'étranger :
Franco Viganò. |
Ce samedi matin, le lac Majeur était
calme, les rayons du soleil le rendait bleu azur, les montagnes
étaient recouvertes de neige et sur la rive quelques
curieux, des plongeurs et le submersible là devant
eux. Franco Viganò, trente-quatre ans, le regardait, heureux
: certes, c'était un service modeste mais insolite,
presque amusant. L'ingénieur et un mécanicien-essayeur
de la fabrique avaient déjà fait quelques sorties
les jours précédents. Le Requin Tigre s'était
comporté docilement comme à son habitude. Maintenant
c'était le tour de Franco Viganò. Il prit place sur
le siège postérieur, l'ingénieur assis
devant lui aux commandes. La plongée devait être
faite sur un fond de sable, à cinq mètres de
profondeur, juste là devant la plage, d'où seraient
partis un couple de plongeurs de Locarno. Le sous-marin les
aurait attendu, posé sur le fond.
Franco devait les filmer à travers sa bulle de plexiglas.
Juste quelques minutes.... Rien de terrible. |

L'ingénieur
Edoardo de Paoli |
|
 |
|