TEK5 - Espadon 2006 - Le Grec ou Sagona
 
Son histoire n'a rien d'original, elle classique de la fin de la guerre : un navire de commerce pris dans un champ de mines. Le Sagona connaît ainsi un destin identique à celui du Proper Schiaffino : quelques semaines après lui, le 3 décembre 1945, alors que la guerre est déjà terminée, il saute sur une mine, au sud-est de l'île de Porquerolles, à environ 1 mille du Petit Sarranier. Coupé en deux, il ne lui faut que quelques minutes pour s'enfoncer brutalement sous la surface. Officiellement, deux marins périssent dans le naufrage, et un troisième est porté disparu. Les deux navires, compagnons d'infortune, ne sont distants aujourd'hui que de quelques centaines de mètres.

Le Sagona a été construit en 1912 aux chantiers Dundee SB Ltd en Grande-Bretagne. Long de 54 m. et large de 8.60 m. il jaugeait 808 tonneaux. Le cargo au cours de son histoire changea de propriétaires à plusieurs reprises : en 1914 il naviguait pour la Reid Newfoundland Co. En 1923 il devint la propriété du gouvernement britannique, puis, en 1941 il fut racheté par la Culliard's Association Lines. Enfin, en 1943, le Sagona battant pavillon panaméen naviguait pour la Zarati SS. Co. Ltd.


Lors de l'impact le navire s'est coupé en deux


Très vite, l'histoire et le naufrage de cet imposant cargo furent oubliés et ce n'est que quelque temps plus tard que la Marine Nationale envoya une équipe de plongeur afin d'en controler l'épave. Les premiers plongeurs qui explorèrent le bateau remontèrent une série de document rédigés en langue grecque, d'où son nom actuel :Le Grec.

Longtemps après le conflit, les mines flottantes continuent à faire des ravages, frappant aveuglément les navires de commerce qui traversent la région. Il faudra la mobilisation de cinquante navires et plus de dix-huit mois de travail pour déminer entièrement les eaux du littoral. Les opérations de déminage sont hasardeuses, et deux bateaux sombreront en tentant de désamorcer les charges explosives, huit seront endommagés, et trente-cinq marins périront au cours des manœuvres.


<-----La proue à -46 m. Photo : Patrice Strazzera


Photos © Emmanuel Gavillet




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