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Lancé le 30 septembre 1931, il fut admis au
service actif en avril 1933. Basé tout d'abord à Toulon,
il est affecté à Cherbourg en compagnie de Nautilus,
Saphir et Turquoise en Novembre 1936, puis rejoint Bizerte en mai
1939. En Janvier 1940, il est affecté à Brest, pour
opérer dans le grand nord et aider la Finlande. Le sous-marin
(avec le Saphir et Turquoise) arrive en Finlande lorsque cette dernière
a déjà capitulé. A ce moment, l'allié
anglais demande du renfort en sous-marins mouilleurs de mines.
Le Rubis, basé à Dundee, entre en action le 1°
mai 1940, il ne reverra la France qu'en 1945. Sa première
opération de guerre consiste à mouiller ses engins
à Kristiansand, en Norvège. La seconde fois, il les
mouille à Hangersund et la troisième fois, il pénètre
de 14 milles à l'intérieur de la passe nord de Bergen
et est inquiété par un destroyer allemand qui l'oblige
à rester immergé 35 heures durant. A ce moment, la
France en déroute rappelle les sous-marins de Dundee et leur
navire-dépôt Jules Verne. In extremis, les Anglais
obtiennent que le mouilleur de mines participe à une dernière
opération. Le 20 juin, il part pour Trondheim, le 22 juin
l'armistice est signée, des "difficultés de communication"
tiennent l'équipage dans l'ignorance de cet évenement,
et le Rubis mouille ses mines le 26 juin. Le 3 juillet, l'amirauté
anglaise engage par suprise "l'opération Catapult".
Les navires français sont investis, leurs équipages
débarqués. On donne aux marins le choix entre les
forces navales françaises libres, sous le commandement de
l'Amiral Muselier, et le rapatriement pur et simple. |
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Trois mille seulement d'entre eux resteront sur les
navires du FNFL, et leur nombre sera augmenté par l'arrivée
de marins restés sur le continent. Le Rubis est saisi à
Dundee. Le tact des autorités anglaises et le désir
de continuer le combat de l'équipage (seulement 1 officier,
1 sous-officier et 3 marins regagnèrent la France) sont tels
que le Rubis devient l'un des premiers sous-marins de la France
Libre, avec le Minerve , la Junon et le Surcouf.
Dès septembre 1940 et jusqu'en décembre, l'impossibilité
d'armer le sous-marin avec des mines françaises Sauter Harlé,
le fait utiliser comme bâtiment d'attaque, sans grand succès,
pendant quatre autres opérations : le Rubis est trop lourd
et trop lent. Il est transformé pour utiliser des mines anglaises
au chantier Caledon Shipbuilding and Engineering Company. Ces mines
seront employées jusqu'à la fin de la guerre. Puis,
d'avril 1941 à décembre 1944, le Rubis effectue 20
opérations |
| où les incidents ne manquent pas. Dès le 10 mai
1941, le L.V. Rousselot en avait pris le commandement. Au total,
le score réalisé par le Rubis en 5 années de
guerre est assez impressionant : 683 mines larguées, 14 navires
coulés, 7 dragueurs coulés, un U-Boot endommagé
et un navire de 4360 tonnes coulé par torpilles. Le 8 juin
1945, le sous-marin est prêt à rentrer chez lui. Le
23 juin, il touche une terre française, à Oran, où
il est désarmé et son équipage dispersé
sur d'autres navires. Retiré du service actif en 1949, il
demeure base sous-marine pour l'instruction de jeunes marins avant
leur affectation. En 1957, la Marine ayant besoin d'une cible de
sonar, il est décidé de l'immerger définitivement. |
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Type d'épave :
sous-marin mouilleur de mines
Classe : Saphyr
Nationalité : française
Année de construction : 1931
Lancé en : 1932
Chantiers : de Toulon
Jauge : 762 tonneaux
Longueur : 66 m.
Largeur : 7 m.
Tirant d'eau : 4.30 m.
Moteur : Vickers-Amstrong 6 cyl/4 teps Diesel
Puissance : 650 CV chacun
Construits : au Havre par Normand
En plongée :
2 moteurs électriques Schneider
Puissance : 500 CV chacun
Vitesse : 9 noeuds
Profondeur max. : 50 m. |
Armement :
-1- canon de 75
-2- mitrailleuses de 13 mm.
-32- mines de 1090 kg
-3- torpilles de 550mm.
-2- torpilles rapides de 400 mm.
Equipage :
-4- officiers
-9- sous-officiers
-32- hommes d'équipage
Date du naufrage : 31 janvier 1958
Cause du naufrage : transformation en but pour
exercices militaires
Localisation : aux abords de Cap Camarat
Distance du rivage : 1.4 mille
Coordonnées géographiques :
43° 11' 25" N, 6° 42' 10" O
Profondeur minimum : 34m.
Profondeur maximum : 41 m. |
| Le 31 janvier 1958, le remorqueur Samson, ex-Suder Hever allemand,
et la gabare Criquet amènent le Rubis à un peu plus
de 1 mille au large de Cap Camarat. Le Commandant Riffaud place
une charge de 9 kilos et l'arrière explose. Le Rubis se mate,
puis coule. Ainsi pouvait-on conserver le témoinagne d'une
page tourmentée de l'histoire. L'épave s'est révélée
très intéres-sante, et attire toujours de très
nombreux plongeurs. Elle est encore utilisée à des
fins militaires par la Marine pour tester les sonars, lors d'excercices
en mer. |
Le sous-marin repose droit et sa teinte marron-gris contraste avec
le fond de sable coquillier environnant. Vu la forme de la coque
les plongeurs peuvent passer sous la proue. Le pont, plat, s'étend
sur plusieurs dizaines de mêtres en avant du kiosque. Le plancher
a disparu par endroits et , dessous se succèdent bouteilles
d'air comprimé, tubu-lures, vannes etc.. Le panneau avant
est à demi entrouvert et les aménagements intérieurs
sont visible à condition de posséder une bonne lampe.
En longeant les flancs on notera que ceux ci s'élargissent,
caractéristiques des mouilleurs de mines : les volumes latéraux
servaient au stockage de ces grosses mines. Le kiosque dont les
parties latérales ont basculé vers l'extérieur,
a perdu périscope et compas. Subsistent encore le support
du compas principal, le panneau de descente encore ouvert, ainsi
que son sas, et certains accessoires de conduite qui font que cette
épave reste vivante même après plus de 40 années.
L'ensemble est encore en bon état de conservation, même
si de nombreuses parties de ses structures ont été
irrémédiablement abîmées par la corrosion
du temps et de la mer. Les tôles ne sont pas richement recouvertes
de végétation sous-marine : quelques gorgones et éponges
sur les flancs, tandis que dans les tubes lance-torpilles et les
recoins vivent des congres. murènes et chapons. |
Données techniques: Les Epaves de la Méditerranée(Ed.Gründ)
Le Livre des Epaves de Jean-Pierre de Joncheray
Photos n/b: Eric Sormani |
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