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TEK5 - Tekxpéditions - Soudan avril 2006
 
Le Baron Noir
Le voyage aller, très cahotique, se solda par un retard de plus de 6 heures à l'arrivée à Port Sudan, sans compter le temps de la fouille.

Il est 3 heures du matin, mais qu’importe........ nous voilà maintenant à bord du Baron Noir, accueilli par son capitaine Frank Humbert.

D’emblée les chiffres parlent d’eux-mêmes : 5 bateaux de croisières-plongée au total. Pour la région de Sharm et Hurghada 1500 plongées par jour alors que pour le Soudan c’est 1500 plongées par année…ceci étant plus explicatif que tout les bla bla habituels entendus un peu partout dans le (petit) monde de la plongée.

Le réveil fut difficile après cette courte nuit, le bateau est ancré au bord de Wingate Reef, prêt à nous larguer sur l’épave de l’ Umbria, navire italien sabordé par son capitaine en 1941. Le capitaine nous fait un briefing détaillé de l'épave, afin de pouvoir trouver de suite les parties intéressantes. Grâce à sa faible profondeur (max. -27 m) le temps de plongée est considérablement augmenté, la luminosité et la visibilité excellentes et pas besoin de penser aux paliers!! Nous aurons l'opportunité de refaire une deuxième plongée sur l'épave l'après midi, et une troisième lors du retour.
Epave Umbria

Phare de Sanganeb
En fin d'après-midi nous levons l'ancre, direction le Phare de Sanganeb. La mer est calme, peu de vent, le Baron Noir file ses 8 noeuds vers le Nord. Deux heures plus tard le phare est en vue, droit sur son reef. Le lendemain entre les deux plongées de la journée, où nous avons pu observer
les perroquets à bosses, nous sommes allés visiter le phare. Sur la terrasse, quatre "habitants" y sont attablés, parlant et gesticulant, semblant refaire le monde. Mais qu'y a-t-il à faire d'autre la journée au pied d'un phare? 259 marches plus tard, nous voilà dominant le reef de Sanganeb. Nous repartirons en fin de journée vers Shab Rumi, vers la maison Cousteau, Précontinent II ou plutôt de ses vestiges.

Nous faisons une plongée de nuit sur Précontinent II. Une ballade dans une ville fantôme, abandonnée depuis 1963, date de l'expérience. Les objets éclairés par nos phares donnent encore plus de suggestion à l'ambiance qui y règne. Les débris sont difficilement reconnaissables et identifiables à part, bien sur, le garage de la soucoupe. Nous aurons là aussi l'occasion de refaire cette plongée, de jour, lors de la route inverse. Le lendemain matin, plongée au large du récif, normalement les marteaux devraient être au rendez-vous. Mais rien, personne... Tout le monde a encore l'espoir de les voir, un jour..... mais quand???

Le lendemain après-midi, le voyage continue vers le récif de Shab Suadi, appelé aussi Toyota Reef, à cause du Blue Belt, le navire qui a percuté le reef un jour de décembre 1977. Des restes de camions, et véhicules en tout genre, jonchent le sol sur la zone des -20 m. A l'intérieur de l'épave, un amassis indescriptible de tôles, de cables, et objets divers s'offre à nos yeux, sans grand intérêt, à part pour les "ferrailleurs"! Le récif de Shab Suadi est superbement concretionné, la vie corallienne (principalement en coraux durs) et la petite faune est abondante, et dans la zone des 30 m. quelques requins gris de récifs.Le lendemain matin, nous avons pu faire une
Epave Blu Belt
deuxième plongée sur l'épave à 7:00, avec un seul bateau sur site: le notre, et l'épave que pour mon binôme et moi-même. La classe ..!! mais toujours pas de requins-marteaux en vue.................

Requin marteau
Nous repartons vers le Sud, vers Shab Rumi. Nous plongerons au sud du récif. "Là nous verrons les marteaux" nous assure le capitaine. Espérons-le, car pour moi, les marteaux restent un mythe et une légende. Combien de fois on m'en a promis, 'des miliers de marteaux' qu'on m'avait dit!!! Mais cette fois, Frank ne nous a pas menti. Sérieux le patron! Dans le bleu à -35mètres, une quarantaine de marteaux sont là devant nous, avec leur coup de nageoire caudale si caractéristique. Le spectacle est saisissant et n'a pas de fin. Mon ordi me donne 17 minutes de palier, le coeur me dit de rester, mais la raison l'emporte. Il faut remonter.

Durant les deux plongées suivantes, nous les reverrons. Majestueux, impériaux.
La mer leur appartient.

Le Soudan est et reste une destination privilégiée pour des plongées d'exception.


Texte & photos © Gilles Persoz


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Le Baron Noir